14 In Odagiri Hideo, « Watashitachi mo ikitekita. Derrière cette question de « style », Kamei cherche à mettre en cause le parti pris narratif de l’Histoire de Shôwa et un récit national centré sur des acteurs collectifs comme la nation. Procès de Tokyo: Mai 46-Novembre 48 Le tribunal militaire international pour l’extrême orient composé de 11 pays. ), L’Europe face à son passé colonial, Riveneuve, 2009. L’utilisation du marxisme comme grille d’analyse a permis aux historiens japonais de l’époque d’inscrire leur histoire récente dans une rationalité, mais aussi dans une conception universalisante de l’histoire, faisant le lien entre l’expérience nationale japonaise et une conception standardisée de l’évolution historique des États-nation. 25Si ces remarques ne sont pas infondées, Kamei évite surtout d’aborder plus frontalement le problème de la responsabilité, en passant sous silence dans sa critique le procès de Tôkyô, ou le traitement qui en est fait par l’Histoire de Shôwa. Cela se traduit par l’instauration en 1953 des comités de validation des manuels scolaires, dont les critères de validation révèlent très vite qu’ils ont pour but de purger l’histoire enseignée aux jeunes Japonais de toute référence aux crimes de guerre japonais8. Les auteurs semblent ainsi sanctionner une sortie pure et simple de l’histoire pour un procès qui n’a pas su faire sens, et renforce l’idée que la narration même de l’histoire nationale dans l’Histoire de Shôwa se substitue à la vocation historique supposée du procès. Les historiens n’ont plus à craindre l’emprisonnement pour leurs analyses. Il est ainsi devenu dans les années 1930 une des figures de proue du romantisme japonais, qui s’est évertué à justifier les conquêtes de l’empire du Japon au nom d’un esthétisme morbide18. L’ouvrage trace aussi une conduite à tenir, selon les auteurs, pour affermir les acquis démocratiques des premiers temps de l’occupation. La répression constante à laquelle ont dû faire face aussi bien les partis prolétaires que les organisations syndicales reflète par conséquent la lutte de cette élite pour conserver son pouvoir, dans son incapacité à lutter avec les armes de la démocratie bourgeoise. Voir à ce sujet Ienaga Saburo, Japan’s Past, Japan’s Future : One Historian’s Odyssey, Lanham, Maryland : Rowman & Littlefield, 2001. La fin de la Première Guerre mondiale a posé le principe de la mise en accusation de l'ex-empereur Guillaume II (ar […] Dans le récit qu’ils ont dressé de l’histoire récente de leur nation, sur quelles causes leurs analyses ont-elles mis l’accent, et quelles responsabilités ont-ils dégagées pour quelles sortes de crimes ? © 2020 Encyclopædia Universalis France.Tous droits de propriété industrielle et intellectuelle réservés. 1 Le terme de « Shôwa » désigne ici l’ère Shôwa du calendrier japonais, qui commence en 1926, et s’achève en 1989. C’est selon lui une autre raison qui empêche la dimension humaine d’émerger de ce récit historique. Le procès de Tokyo, film complet - Docudrama qui est d'ailleurs spécifiquement sur l'un des aspects de l'histoire du Japon moderne, un regard sur les procès de ceux qui ont subi les militaristes japonais accusés de meurtres de guerre pendant la Seconde Guerre mondiale. Persistance de personnes au sommet de l’État, au sein des cabinets ministériels, et persistance des structures de production, puisque les plus grandes compagnies japonaises ont vite retrouvé leur emprise monopolistique. Après 48 ans dans le couloir de la mort à la suite de sa condamnation en 1968 pour le meurtre d'une famille, cet ancien boxeur avait été relâché après des doutes sur sa culpabilité. Pour le détail de l’évolution idéologique de Kamei, voir Kevin Michael Doak, Dreams of difference : the Japan romantic school and the crisis of modernity, University of California press, 1994. Mais ces critiques permettent également de comprendre sur quels axes les forces sociales opposées à cette lecture de l’histoire, et en premier chef toute une partie de la droite moins libérale qu’il n’y paraît, se sont appuyées pour la déconsidérer et l’isoler, sans pouvoir forcément lutter avec son appareil méthodologique et sa légitimité universitaire. Certaines limites internes à la grille d’analyse des historiens de l’époque, comme par exemple ses catégories en partie préconçues idéologiquement, ou les limites liées à l’utilisation du terme kokumin, le peuple-nation, comme sujet d’une histoire nationale sans interroger les a priori de ce concept. En complexifiant ainsi, en réponse aux critiques, le récit national élaboré dans la première édition, la conclusion de l’ouvrage gagne en légitimité. L’Histoire de Shôwa étend cette culpabilité dans le temps, en pointant la persistance des structures criminelles au sein de l’État japonais d’après-guerre. D e mai 1946 à novembre 1948, l e tribunal militaire international pour l'Extrême-Orient composé de 11 pays vainqueurs mais largement dirigé par les Etats-Unis va traduire en justice les dignitaires impériaux japonais. On peut invoquer trois raisons principales : la première est bien évidemment le retour de la liberté de parole avec l’abolition de la loi de sécurité publique en octobre 1945, qui permettait jusqu’alors à l’Etat d’emprisonner tous ceux qui proféraient des idées jugées dangereuses pour la structure sociale traditionnelle du pays. Retrouvez toutes les news et les vidéos de la série TV Le Procès de Tokyo. Dans l’Histoire de Shôwa, le peuple est toujours présenté comme un acteur passif. Année de sortie : 2017. La réaction d’un étudiant de 21 ans à l’époque est tout aussi parlante : Depuis ma naissance, en l’an 9 de Shôwa (1934), le Japon s’est trouvé constamment impliqué dans des guerres. Kamei sera lui aussi emprisonné lors de la sévère répression anticommuniste du 15 mars 1928. On a vu que les historiens avaient élargi les conclusions du procès de Tôkyô pour étendre la culpabilité de guerre à l’ensemble d’une classe dirigeante, incluant non seulement l’empereur et sa cour, mais aussi les élites militaires, les principaux responsables politiques et les grands capitalistes. 26   Pour un panorama plus large du travail des historiens japonais confrontés au passé colonial de leur pays, ainsi qu’au problème des responsabilités de la guerre, voir Arnaud Nanta, « Le Japon face à son passé colonial », in Daniel Lefeuvre, Olivier Dard (dir. Cette évolution du traitement réservé au parti est à rapprocher de la perte de prestige que connaît le parti dans cette deuxième moitié des années 1950, gagné par la déstalinisation. Ces trajectoires individuelles « paradoxales » dans le chaos de la marche à la guerre trahissent bien sûr son propre parcours idéologique. Le procès de Tokyo Après la capitulation « sans condition » du Japon le 15 août 1945, les alliés décident d e ju ger les responsables japonais sur le modèle de Nuremberg. Their intended goal was to exceed the limits of the Tokyo trial, and the threat those limits put, according to the authors, on the Japanese democracy. 19Kamei, qui n’est pas un historien mais un critique littéraire, reproche avant tout à l’Histoire de Shôwa, ainsi qu’à tous les ouvrages de l’école marxiste, un style littéraire qu’il juge médiocre et trop technique, en le comparant d’ailleurs aux notes d’un procès, ce qui recoupe le rejet global que ce type d’intellectuels anciens complices du régime ont fait du procès de Tôkyô. Les auteurs identifient par conséquent ce qui relie la domination coloniale de la Corée, l’avancée japonaise en Mandchourie, et l’intrusion subséquente de la diplomatie japonaise dans la politique intérieure chinoise, aux intérêts des conglomérats industriels japonais, les zaïbatsu, non seulement soucieux d’assurer leur approvisionnement en matières premières, mais ausside sécuriser un marché intérieur face à la crise mondiale qui sévit après 1929. 7 Les Partis libéral et démocrate, qui s’unissent en 1955 pour contrer le front des partis de gauche, formant ainsi le Parti libéral-démocrate, qui garde ensuite le pouvoir de 1955 à 1993, puis de 1997 à 2009. Regardez la bande-annonce "Le Procès de Tokyo - saison 1 Bande-annonce VO" de la série Le Procès de Tokyo - Saison 1 sur AlloCiné AlloCiné Ex. 16L’Histoire de Shôwa apparaît comme une tentative importante d’apporter aux lecteurs un récit objectif et argumenté de la marche vers la guerre. Pour résumer, on peut dire que nous n’avons pas vécu une histoire que nous avons écrite, mais une histoire qu’on a écrite pour nous14. En revanche, Kamei remet en cause la trame narrative nationale de l’Histoire de Shôwa parce qu’elle prive le lecteur de sa capacité de jugement concernant les responsabilités de chacun des acteurs, tout en suggérant qu’il est difficile d’établir des responsabilités individuelles dans le déclenchement et la conduite de la guerre. …pour nos abonnés, l’article se compose de 3 pages. Les auteurs pointent du doigt les divisions internes qui minent le parti, ou le « dirigisme sectaire »21 qu’il a tenté d’imprimer aux organisations syndicales après-guerre, poussant celles-ci à s’en éloigner. La création du TMIEO n'est qu'une des pièces d'un ensemble plus vaste de mesures prises pour réprimer les crimes de guerre . Tribunal militaire international pour l’Extrême-Orient Classé sous PROCÈS TOKYO — braultjeanpaul @ 21 h 37 min Le Tribunal militaire international pour l’Extrême-Orient (ou Tribunal de Tōkyō), fut créé le 19 janvier 1946 pour juger les grands criminels de guerre japonais de la Seconde Guerre mondiale. Hostiles à cet exposé trop radical, Kamei tente de saper les bases de ses accusations et du tableau qu’il révèle des responsabilités de guerre. Là encore, il est difficile de détacher ce volet du débat du contexte politique de l’époque, comme Kamei semble vouloir le faire. On peut d’autant moins se risquer à juger qu’on risquerait de devoir s’accuser. Ce concept de kokumin ou « peuple-nation » est utilisé ici par les historiens comme une réalité donnée dont on peut faire l’acteur principal d’une histoire concue comme démocratique, ce qui finit par masquer la complexité des enjeux potentiels de réparations de guerre. L’Histoire de Shôwa1, publiée en 1955 par les historiens Tôyama Shigeki (1914-), Fujiwara Akira (1922-2003) et Imai Seiichi (1924-), synthétise les analyses d’une grande partie des historiens académiques sur la marche vers la guerre du pays et l’immédiat après-guerre. Le procès de Takahiro Shiraishi, qui s'est ouvert devant un tribunal de Tokyo, fait sensation au Japon. Tristan Brunet, « Le procès de Tôkyô et le débat sur l’Histoire de Shôwa Â», Droit et cultures [En ligne], 58 | 2009-2, mis en ligne le 06 juillet 2010, consulté le 28 décembre 2020. La seconde raison est le prestige idéologique du communisme au lendemain de la guerre. Le procès de Tokyo (2/2) de hilarion » 06 Jan 2007 - 10:41 dans : CENTRE DE DOCUMENTATION 0 Réponses 2227 Vus Dernier message de hilarion 06 Jan 2007 - 10:41; la rose de tokyo de warbird » 12 Nov 2004 - 17:36 dans : LA GUERRE EN ASIE ET DANS LE PACIFIQUE 3 Réponses 1544 Vus Dernier message de romualdtaillon 02 Oct 2006 - 22:35 URL : http://journals.openedition.org/droitcultures/2050, Tristan Brunet est doctorant à l’Université Paris-Diderot, UFR de Langues et civilisations de l’Asie orientale et à l’Université des langues étrangères de Tôkyô (Tôkyô gaidai). On peut regrouper ces lacunes sur deux grands axes : le problème de la victimisation de la nation japonaise, et le problème de la subjectivité dans la rédaction de l’histoire nationale. Les chefs d'accusation, l'organisation des procès, la caractérisation des crimes sont à mettre en relation constante avec les événements de la Seconde guerre mondiale, et tous les crimes qui s'y déroulèrent. Cette controverse sur l’Histoire de Shôwa reflète en effet la recomposition des forces politiques qui se joue à la tête de l’État japonais et à l’échelle de toute la société durant cette époque charnière. Comment ces historiens ont-ils tenté d’analyser, d’historiciser la marche vers la guerre de leur pays ? Les élus du parti y attaquent la morale suspecte de ces manuels, accusant à mots à peine voilés l’orientation « communiste » de certains manuels d’après-guerre. Matsuzawa note que la séparation absolue opérée entre une nation victime, entrainée de force dans la guerre, et la classe dirigeante coupable, est problématique.  : […] Il souligne aussi par cet argument la pertinence des catégories privilégiées par l’historiographie de son époque, au premier rang desquelles la nation, conçue comme base nécessaire d’un récit national démocratique. Il oppose ainsi à ce verdict, comme on l’a vu, la complexité des trajectoires individuelles, et le problème de la responsabilité de l’ensemble de la nation japonaise dans la guerre, et insiste surtout sur l’expérience de la guerre comme un traumatisme, capable de transformer les hommes ordinaires en brutes sanguinaires. This paper will try to underline the political and memorial stakes behind this debate, especially in relation to the responsibilities of war, and consequently the depiction of the Tokyo trial in such an history. Enjeux de mémoire, Les justices alternatives et leurs avatars, Expertise psychiatrique et sexualité (1850-1930), Actualités du droit musulman : genre, filiation et bioéthique. Kamei dénonce chez les auteurs de l’Histoire de Shôwa une vision orientée de l’histoire nationale, dont les présupposés sont particulièrement visibles à ses yeux avec le traitement réservé dans l’ouvrage au Parti communiste japonais (PCJ). 3  Ce débat permet de mieux comprendre les conditions dans lesquelles s’est inscrit ce projet d’écriture d’une histoire nationale récente dans le Japon des années 1950, ainsi que le rapport entre l’analyse historique des causes de la guerre et la mémoire collective nationale à la même époque. 4La première répondait au souci de rédiger une histoire « démocratique ». Dès le 6 septembre 1945, le programme politique défini pour l'immédiat après-guerre […] Pour en donner un aperçu, voici par exemple le commentaire d’un lecteur, un enseignant âgé de 37 ans, quelques mois après la publication: Moi qui vis pourtant à cette époque Shôwa, à un âge considéré comme celui de la pleine maturité de conscience, j’ai ressenti à la lecture de ce livre un étonnement immense devant l’ampleur de mon ignorance concernant le cours de l’histoire récente. Procès mal conçu, mal conduit, incohérent voire truqué dès l’origine dans le choix des accusés (aucun industriel ou financier, par exemple) et bâclé dans ses conclusions, le procès de Tokyo n’a, du coup, pas obligé le Japon à purger définitivement son passé. Les auteurs présentent par conséquent le Parti communiste japonais et sa lutte contre la classe dirigeante, malgré l’illégalité dans laquelle il est cantonné depuis sa création en 1922, comme le principal défenseur de la démocratie et de la « nation » contre une classe au pouvoir toujours plus soudée derrière la défense des intérêts du capital. Posted by Mickaël BERTRAND in Uncategorized ≈ Poster un commentaire. Matsuzawa cite ainsi l’exemple des classes moyennes qui, par le biais notamment des associations locales de défense, ont souvent relayé activement la propagande militariste. Mais avec son succès, et en devenant la vitrine de la recherche historique des dix années qui ont suivi la fin de la guerre, l’ouvrage a également concentré les critiques des opposants à cette vision de l’histoire nationale. ), qui avait été créé pour châtier les criminels de guerre nippons conformément au point no 10 de la Proclamation de Potsdam du 26 juillet 1945. 13La présentation de l’après-guerre est tout aussi significative, puisqu’une fois accomplies les promesses de démocratisation de l’immédiat après-guerre, au premier rang desquelles les articles pacifistes de la Constitution et le retour de la liberté de parole, les auteurs effectuent un parallèle très clair entre les évolutions du Japon d’avant-guerre et le retour des conservateurs au pouvoir après-guerre. Brice Fauconnier, Conversion to Fascism ? AccueilNuméros58Mémoires et responsabilités de gu...Le procès de Tôkyô et le débat su... Paru en 1955, l’Histoire de Shôwa représente l’exemple le plus représentatif du projet des historiens japonais pour élaborer, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, une nouvelle histoire nationale. La justice est traditionnellement l'une des composantes majeures de la souveraineté de chaque État. Or, certaines composantes ont joué un rôle actif dans la marche vers la guerre. On peut en dégager trois : les problèmes liésau style de l’histoire scientifique, l’amalgame entre la méthodologie des auteurs et les présupposés idéologiques de l’Histoire de Shôwa, et enfin le problème de la portée accusatoire de l’ouvrage, c’est-à-dire la critique du tableau des responsabilités de guerre brossées dans l’Histoire de Shôwa, et à travers elles, des culpabilités établies par le procès de Tôkyô lui-même. Cet article cherche à souligner les enjeux politiques et mémoriels qui entourent le débat, particulièrement en ce qui concerne la question centrale des responsabilités de guerre, et par conséquent du traitement réservé dans cette histoire au procès de Tôkyô. Ce parallèle s’opère sur deux points principaux. 12Les auteurs insistent également sur l’importance de l’impérialisme japonais dans le déclenchement de la guerre, et surtout, la logique du capital qui le soutient. La troisième raison, et la plus importante pour la recherche historique, c’est l’importance du marxisme. 24Le dernier aspect intéressant de ce débat autour de la parution de l’Histoire de Shôwa, concerne la portée accusatoire de l’ouvrage, notamment au sujet du réquisitoire sans concession qu’il dresse des responsabilités de guerre. Avec l’établissement de la République populaire de Chine en 1949, puis la guerre de Corée en 1950, le Japon devient la base avancée du bloc occidental en Extrême-Orient, et par conséquent un allié stratégiquement décisif pour les États-Unis. Six mois après le début du procès de Nuremberg, le 3 mai 1946, s’ouvre le procès de Tokyo qui va juger les crimes commis en Extrême-Orient. Rapporté par Kei Sato. Quels sont les axes principaux sur lesquels se sont concentrées les critiques ? Le Parti communiste japonais (PCJ) retrouve une existence officielle avec la libération des prisonniers politiques parallèlement à l’abolition de la loi de sécurité publique. La critique de Matsuzawa souligne donc le sentiment de clôture des responsabilités et des irresponsabilités que l’Histoire de Shôwa risque de véhiculer. Les procès de Tôkyô et de La Haye, Le procès de Tôkyô et le débat sur l’, « Le procès de Tôkyô et le débat sur l’, De l’émancipation à la justice environnementale, La vie des personnes LGBT en dehors des grandes villes, La fin de vie. 29En effet, une des plus grandes limites de l’Histoire de Shôwa touche à sa conception de la nation japonaise comme une pure victime des agissements de la classe dirigeante. 10 Nihon fashizumu no tokushoku (Les particularités du fascisme japonais), in Tôyama Shigeki, Fujiwara Akira, Imai Seiichi, Shôwashi (Histoire de Shôwa), nouvelle édition, Iwanami shinsho, 1959, p. 128. Formulée dans le contexte du retour au pouvoir des conservateurs, et de la remise en cause de la légitimité de l’histoire académique qui l’accompagne, cette critique permet d’apercevoir derrière le débat académique les enjeux politiques autour de l’écriture de l’histoire nationale dans le Japon de l’époque. Éric SEIZELET, Si les Coréens, Taïwanais et Okinawaïens étaient tous sujets de l’empereur du Japon jusqu’à la fin de la guerre, ce n’était plus le cas au moment de la controverse sur l’Histoire de Shôwa23. En effet, le Japon s’est indirectement impliqué dans la guerre de Corée, puisque le pays n’a pas envoyé de troupes, mais a servi de base arrière aux forces de l’ONU, et soutenu par son industrie l’effort de guerre. https://www.universalis.fr/encyclopedie/proces-de-tokyo/, L'ambition réformiste des forces d'occupation, De l'ordre interne à l'ordre international, dictionnaire de l'Encyclopædia Universalis. 27Ce volet de la critique ne portera pas sur les auteurs de l’Histoire de Shôwa. Ce tribunal d'exception constitué de onze juges représentant les onze puissances alliées dans la guerre du Pacifique (États-Unis, Union soviétique, Chine, Royaume-Uni, Pays-Bas, Australie, Canada, France, Philippines, Inde et Nouvelle-Zélande) fut formellement institué le 19 janvier 1946 sur ordre de MacArthur pour juger les crimes contre la paix, les crimes de guerre et des crimes contre l'humanité commis par les dirigeants japonais entre le 1er janvier 1928 et le 1er septembre 1945.