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— 16 juin 2012
par Hélène Biard

Créé au tout début des années 1980, alors que ses membres étaient encore étudiants au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris, le Quatuor Parisii s'est inspiré, pour choisir son nom, de la tribu gauloise qui investit la première le site où se développa par la suite la capitale française. Trente ans plus tard, les quatre musiciens, liés par une évidente complicité, ont acquis une réputation remarquable parfaitement justifiée qui est due à une volonté d'excellence, à une rigueur, à un éclectisme bienvenus. Invité par l'association Saint Lazare Hospitalier, le Quatuor Parisii propose au public un programme consacré à trois compositeurs romantiques allemands qui, contemporains les uns des autres, ont su intégrer dans leurs oeuvres de musique de chambre les diverses influences nées au cours de leurs voyages ou lors des rencontres qu'ils ont faites pendant leurs carrières respectives.

Le plus énigmatique des compositeurs

programmés est sans aucun doute Louis Théodore Gouvy (1819-1898). Reconnu de son vivant, Gouvy a été très vite oublié après son décès pour ne renaître de ses cendres qu'il y a une vingtaine d'années; sa musique de chambre ne manque pourtant pas de saveurs et le Quatuor opus 68 n°5 qui ouvre le concert donne un très bel exemple du talent du compositeur d'origine allemande qui a laissé au total plus de deux cents oeuvres. Les Parisii attaquent le Concerto du compositeur franco-allemand avec une finesse et une intelligence de jeu qui donnent à la musique des sonorités légères et pétillantes, d'autant plus saisissantes sous les voûtes de l'église Saint Julien.

Tout dans la musique de Gouvy invite au voyage : heureuse découverte servie par des musiciens qui eux-mêmes, ont pris d'autant plus de plaisir à la jouer qu'ils ne la connaissaient que fort peu; ils lui ont cependant rendu justice avec talent et simplicité.

Avec Félix

Mendelssohn-Bartholdy (1809-1847), le Quatuor Parisii emprunte des chemins plus balisés; son Quatuor opus 12 en mi bémol majeur, composé en1829 alors que Mendelssohn n'a que vingt ans, dénote un lyrisme et une originalité peu communs pour un compositeur si jeune, qualités que l'on retrouve dans ses oeuvres postérieures.

Après l'entracte, Robert Schumann (1810-1856) est à l'honneur avec le très beau Quatuor opus 41 n°3. Tout comme Mendelssohn et Gouvy, Robert Schumann compose une musique de chambre fortement marquée par un lyrisme toujours très en vogue au XIXe siècle, et l'oeuvre que nous proposent les quatre musiciens n'y échappe pas; la délicatesse et la subtilité éclairent l'une des pages les plus passionnées de son auteur.

Sous la pression du public enthousiaste, les Parisii offrent en bis le très beau mouvement lent du quatuor "Le cavalier" de Joseph Haydn (1732-1809).