ResMusica
— Mon, 10/06/2008
Christophe Le Gall

Quoi de plus naturel pour le Quatuor Parisii que de nous offrir en cadeau leur interprétation des célèbres quatuors D810 et D804 de Franz Schubert. Même si de nombreux et excellents enregistrements de ces œuvres existent - citons notamment ceux du Quatuor Alban Berg, ou du Quatuor Takacs «à couper le souffle» qui a reçu une clef ResMusica en décembre 2006, nous ne pouvons passer à côté de cette offrande.

La version donnée du Quatuor à cordes en ré mineur D. 810 «La Jeune Fille et la Mort»

est très épurée, voire moderniste ne laissant place à aucun pathos, les artistes ont privilégié l’équilibre entre les instruments dans un souci de la qualité et de la rigueur de l’esthétisme viennois. Nous sommes même étonnés de tant de froideur dans l’interprétation, mais n’est-elle pas voulue justement pour débarrasser la partition de son trop plein de sentimentalisme ? Dans tous les cas tout est réglé à la perfection et l’on reste émerveillé de la maîtrise de ses artistes complets et clairs dans leurs

propos. De même, le Quatuor à cordes en la mineur D. 804 «Rosamunde» qui est une œuvre très introspective où la mélancolie prédomine (Sehnsucht, l’art de se torturer l’esprit pour mieux comprendre et aimer la vie) est donné dans une version où le brillant et l’éclat des timbres sont privilégiés. Si nous voulions paraître insatisfaits nous pourrions dire que nous sommes en présence d’une interprétation un brin trop académique, mais au final nous restons enthousiasmés et positivement étonnés.